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A la CAPL, Vintel® renforce la précision des avertissements phytosanitaires

Amelia Caffarra

Communication scientifique.

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Sécheresses, canicules, pluies inhabituelles… Comment prévoir les impacts sur le vignoble ? Thierry Favier, expert technique de la CAPL, nous explique comment le numérique – et l’Outil d’Aide à la Décision Vintel® (OAD) – les aide à relever ce défi de taille.

Comment la CAPL adapte le vignoble aux sécheresses et aux canicules ?

« En 2025, on a tout eu : un printemps détrempé, un été brûlant et un vent qui a desséché les sols au point que même les vignes irriguées étaient en stress hydrique », raconte Thierry Favier, en évoquant les effets du Mistral pendant la canicule de cet été. « L’irrigation goutte-à-goutte ne suffisait plus : la chaleur et le vent faisaient s’évaporer l’eau aussitôt ».

Depuis plusieurs années, les viticulteurs du quart Sud-Est de la France doivent composer avec des conditions de plus en plus extrêmes : précipitations concentrées sur de courtes périodes, canicules à répétition, stress hydrique prolongé… Une nouvelle réalité à laquelle les équipes techniques de la CAPL doivent désormais s’adapter.

« En 2023, nous avons eu une grande sécheresse. 2024 a été une année pluvieuse. Et 2025 a cumulé les deux : un printemps très humide, avec un risque mildiou élevé, suivi d’une canicule en juin puis en août. Résultat : des pertes de rendement allant de 20 à 40 % selon les zones, dues soit au mildiou, soit à la sécheresse et aux coups de chaleur estivaux. »

Face à ces campagnes extrêmes, les viticulteurs doivent ajuster leurs décisions tout au long de la saison, semaine après semaine. « Il faut revoir les pratiques et les cépages », explique Thierry Favier.

Selon lui, la résilience du vignoble dépend avant tout de son équilibre physiologique et nutritionnel, souvent fragilisé ces dernières années.

« Beaucoup de vignes aujourd’hui manquent de fertilisation. Les nouvelles réglementations, avec leurs plafonds annuels, n’aident pas : les carences accumulées ne se rattrapent pas en une seule campagne. »

Pour Thierry Favier, la clé de cette adaptation réside dans une approche intégrée qui combine prévention, protection et prévision du risque.

« Il faut bien organiser les interventions, utiliser des produits protecteurs contre la chaleur comme les argiles, des bases calciques ou la gomme de carnauba, et mieux gérer les sols : favoriser la vie microbienne, gérer l’enherbement, laisser le sol se reposer entre arrachage et replantation, et bien choisir les cépages. On le voit bien, la Syrah supporte de moins en moins les canicules. »

Des outils de précision pour anticiper plutôt que subir

Un vignoble en bonne santé est un vignoble plus résilient face aux extrêmes climatiques. Mais à court terme, il faut aussi anticiper. Pour cela, la CAPL s’appuie depuis plusieurs années sur des OADs, capables de simuler et prévoir les impacts de la météo sur la vigne.
« Les OAD peuvent énormément aider : ils permettent d’anticiper les risques et d’organiser les interventions », souligne Thierry Favier.

Vintel®, fait partie de leur arsenal d’outils numériques depuis 2015. Basé sur des modèles agronomiques, Vintel® combine données météorologiques, caractéristiques du sol, et informations issues du suivi parcellaire pour simuler l’état hydrique, phytosanitaire et nutritionnel du vignoble.

« Nous utilisons Vintel® pour conseiller nos adhérents sur l’irrigation, » explique Thierry Favier. « On gère mieux le stress hydrique, qui est de plus en plus fréquent. Il prévoit le comportement de la vigne et aide à ajuster les apports d’eau pour en maximiser l’efficacité. »

Les OADs au cœur de l’avertissement phytosanitaire

Vintel® est aussi utilisé comme appui à la stratégie phytosanitaire. Dans des campagnes comme celle de 2025, marquées par des pluies fréquentes en période critique, l’expérience du viticulteur trouve un précieux complément dans la prévision agronomique.

« Je m’en sers pour rédiger les bulletins d’avertissement que j’envoie chaque semaine en saison, c’est fiable » précise Thierry Favier. 

« Les bulletins incluent l’indicateur de risque actuel et une projection sur les dix jours à venir. Ils aident les viticulteurs à planifier leurs interventions et à gérer le mildiou efficacement. »

Aujourd’hui, la CAPL s’appuie sur un réseau de 32 parcelles représentatives pour suivre en temps réel l’état du vignoble et établir ses bulletins en incluant les prédictions de Vintel®.

Pour Thierry Favier, le bilan est clair :

« Les dérèglements climatiques nous obligent à changer nos méthodes. Les OADs, bien utilisés  , nous aident à anticiper et à raisonner nos pratiques. Ce n’est pas du gadget — c’est un vrai soutien pour rendre le vignoble plus résilient. »

Grâce à Vintel®, Thierry Favier suit en temps réel les risques à venir sur son vignoble.

Un conseil pour ceux qui débutent avec Vintel® ? « Oui : bien paramétrer l’outil dès le départ. C’est essentiel pour la fiabilité des simulations. Il faut, par exemple, forcer la phénologie si besoin ou renseigner les analyses de sol pour que les modèles agronomiques soient les plus précis possible »

En intégrant des solutions comme Vintel® les coopératives et les viticulteurs ajoutent une véritable clé d’adaptation à leur boîte à outils face aux défis climatiques. En combinant observation, expertise et données, les techniciens de la CAPL restent ancrés dans le terrain tout en ouvrant la voie à une viticulture plus réactive et plus durable.

Et si l’avenir du vignoble méditerranéen passait justement par cette alliance entre savoir-faire et technologie ?

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