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Prédire le risque de maladies : comment les modèles et les OAD peuvent vous aider à protéger vos vignobles

Les maladies fongiques de la vigne représentent un défi majeur pour les viticulteurs du monde entier. Ces affections, causées par divers champignons pathogènes, peuvent avoir des répercussions dévastatrices en compromettant le rendement et la qualité des raisins. Au fil du temps, la pression élevée des maladies et le manque de variétés résistantes génétiquement ont conduit à une forte utilisation de pesticides dans les vignobles afin de préserver les rendements et la qualité. Chaque année, environ 2 millions de tonnes de pesticides différents sont utilisés dans le monde, et cette quantité est susceptible d’augmenter avec l’émergence de résistances à leurs principes actifs.

Il est donc essentiel de planifier avec soin les traitements phytosanitaires en choisissant le moment optimal pour les appliquer et en déterminant le type et la quantité de produits à utiliser. Cette approche vise à réduire au minimum les impacts sur l’environnement et la santé humaine tout en diminuant les coûts globaux des traitements pour les viticulteurs.

Quand les vignobles sont-ils exposés au risque de maladie ?

Il est primordial d’évaluer précisément le risque de maladie actuel en intégrant diverses informations. Cette évaluation peut être illustrée par le triangle de la maladie, un concept bien établi en phytopathologie. Selon ce modèle conceptuel, le développement réel d’une maladie nécessite la conjonction de trois facteurs critiques : la présence d’un hôte susceptible, d’un pathogène virulent et d’un environnement favorable au développement de la maladie.

Bien qu’il soit généralement facile de déterminer la présence d’un pathogène dans une région donnée, l’évaluation de la sensibilité de la plante et de la propension climatique à la maladie peut s’avérer plus complexe. Chaque maladie réagit à des conditions météorologiques spécifiques et attaque la plante lors de fenêtres de vulnérabilité spécifiques, souvent associées à des phases phénologiques particulières. Par exemple, la vigne est sensible à l’oïdium à partir du stade où les feuilles sont à moitié étalées jusqu’au stade ou le baies deviennent résistantes à la pénétration du champignon, avant le début du processus de maturation. Ainsi, pour évaluer le risque de maladie réel, il est nécessaire de prendre en compte non seulement l’impact des conditions météorologiques sur l’oïdium, mais également la vulnérabilité de la vigne selon les stades phénologiques.

Phases phénologiques de sensibilité à l’oïdium et au mildiou de la vigne. La sensibilité est élevée depuis le stade « 3 feuilles étalées » et perdure jusqu’au stade « fermeture de la grappe – véraison »

Prédire les interactions entre les plantes, les maladies et l’efficacité des traitements

La complexité des interactions entre les plantes et l’environnement peut poser des défis dans l’évaluation du risque maladie et la prise de décisions phytosanitaires rapides et efficaces. Pour relever ces défis, la viticulture de précision utilise des outils qui tiennent compte simultanément de tous les facteurs contributifs. Une approche efficace consiste à intégrer des modèles phénologiques de la plante avec des modèles de maladies au sein d’un Outil d’Aide à la Décision (OAD).

Cette méthode implique de simuler l’interaction entre le développement de la maladie et la vulnérabilité de la plante. Cette approche de modélisation combinée permet une évaluation précise du risque en comparant les différentes étapes de la progression de la maladie avec la phénologie de la plante. Les informations ainsi obtenues facilitent des interventions plus ciblées et opportunes, améliorant l’efficacité de la gestion des maladies dans les vignobles.

De plus, les OAD basés sur des modèles peuvent prédire la durée de l’efficacité du traitement et la probabilité de lessivage en cas de pluie. Cela signifie que le renouvellement des applications n’est plus une question de spéculation mais repose sur des bases plus empiriques. Les applications excessives sont évitées car les viticulteurs connaissent le niveau de protection de leurs plantes et peuvent ainsi économiser de l’argent et réduire les impacts environnementaux tout en maintenant la santé des vignobles, la qualité des raisins et en augmentant finalement leur rentabilité.

La clé d’une stratégie de protection réussie : anticiper le risque

Enfin, les OAD offrent l’avantage de prévoir les risques imminents en utilisant les prévisions météorologiques. Planifier les traitements à l’avance est essentiel pour garantir une protection suffisante, surtout compte tenu du fait que les produits phytosanitaires pour les maladies fongiques agissent principalement de manière préventive plutôt que curative. Parfois, quelques jours d’avance sur un premier traitement entraînent une énorme différence sur la sévérité finale de l’épidémie et permettent de sauver le rendement.

Le cas de l’Italie en 2023 : Quand l’expérience ne suffit pas

Par exemple, en Italie, en 2023, un début de saison de croissance exceptionnellement humide dans le sud et le centre a conduit à une épidémie dévastatrice de mildiou. La combinaison de pluies fréquentes et de températures chaudes en mai et juin a créé des conditions idéales pour la croissance fongique dans des régions où de telles épidémies étaient historiquement rares, entraînant des pertes de rendement significatives.

De nombreux vignerons ont réagi lentement car ils ont sous-estimé le risque, en supposant que leurs vignobles étaient historiquement moins sujets aux maladies. Par conséquent, ils ont déclenché les traitements trop tard, et ils ont été incapables de contenir les contaminations à temps.

Dans de telles situations, l’intégration des OAD, offrant des aperçus prédictifs sur le risque de maladie, se révèle utile pour formuler des stratégies phytosanitaires efficaces pour protéger le rendement. À mesure que les perturbations causées par le changement climatique deviennent plus fréquentes, les viticulteurs auront de plus en plus de difficultés à se fier uniquement à leurs expériences passées pour prédire les risques. Ainsi, l’importance des outils prédictifs de précision et des modèles ne fera que devenir plus évidente au fil du temps.

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