Les maladies fongiques de la vigne représentent un défi majeur pour les viticulteurs du monde entier. Ces affections, causées par divers champignons pathogènes, peuvent avoir des répercussions dévastatrices en compromettant le rendement et la qualité des raisins. Au fil du temps, la pression élevée des maladies et le manque de variétés résistantes génétiquement ont conduit à une forte utilisation de pesticides dans les vignobles afin de préserver les rendements et la qualité. Chaque année, environ 2 millions de tonnes de pesticides différents sont utilisés dans le monde, et cette quantité est susceptible d’augmenter avec l’émergence de résistances à leurs principes actifs.

Il est donc essentiel de planifier avec soin les traitements phytosanitaires en choisissant le moment optimal pour les appliquer et en déterminant le type et la quantité de produits à utiliser. Cette approche vise à réduire au minimum les impacts sur l’environnement et la santé humaine tout en diminuant les coûts globaux des traitements pour les viticulteurs.

Quand les vignobles sont-ils exposés au risque de maladie ?

Il est primordial d’évaluer précisément le risque de maladie actuel en intégrant diverses informations. Cette évaluation peut être illustrée par le triangle de la maladie, un concept bien établi en phytopathologie. Selon ce modèle conceptuel, le développement réel d’une maladie nécessite la conjonction de trois facteurs critiques : la présence d’un hôte susceptible, d’un pathogène virulent et d’un environnement favorable au développement de la maladie.

Bien qu’il soit généralement facile de déterminer la présence d’un pathogène dans une région donnée, l’évaluation de la sensibilité de la plante et de la propension climatique à la maladie peut s’avérer plus complexe. Chaque maladie réagit à des conditions météorologiques spécifiques et attaque la plante lors de fenêtres de vulnérabilité spécifiques, souvent associées à des phases phénologiques particulières. Par exemple, la vigne est sensible à l’oïdium à partir du stade où les feuilles sont à moitié étalées jusqu’au stade ou le baies deviennent résistantes à la pénétration du champignon, avant le début du processus de maturation. Ainsi, pour évaluer le risque de maladie réel, il est nécessaire de prendre en compte non seulement l’impact des conditions météorologiques sur l’oïdium, mais également la vulnérabilité de la vigne selon les stades phénologiques.

Phases phénologiques de sensibilité à l’oïdium et au mildiou de la vigne. La sensibilité est élevée depuis le stade « 3 feuilles étalées » et perdure jusqu’au stade « fermeture de la grappe – véraison »

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Prédire les interactions entre les plantes, les maladies et l’efficacité des traitements

La complexité des interactions entre les plantes et l’environnement peut poser des défis dans l’évaluation du risque maladie et la prise de décisions phytosanitaires rapides et efficaces. Pour relever ces défis, la viticulture de précision utilise des outils qui tiennent compte simultanément de tous les facteurs contributifs. Une approche efficace consiste à intégrer des modèles phénologiques de la plante avec des modèles de maladies au sein d’un Outil d’Aide à la Décision (OAD).

Cette méthode implique de simuler l’interaction entre le développement de la maladie et la vulnérabilité de la plante. Cette approche de modélisation combinée permet une évaluation précise du risque en comparant les différentes étapes de la progression de la maladie avec la phénologie de la plante. Les informations ainsi obtenues facilitent des interventions plus ciblées et opportunes, améliorant l’efficacité de la gestion des maladies dans les vignobles.

De plus, les OAD basés sur des modèles peuvent prédire la durée de l’efficacité du traitement et la probabilité de lessivage en cas de pluie. Cela signifie que le renouvellement des applications n’est plus une question de spéculation mais repose sur des bases plus empiriques. Les applications excessives sont évitées car les viticulteurs connaissent le niveau de protection de leurs plantes et peuvent ainsi économiser de l’argent et réduire les impacts environnementaux tout en maintenant la santé des vignobles, la qualité des raisins et en augmentant finalement leur rentabilité.

La clé d’une stratégie de protection réussie : anticiper le risque

Enfin, les OAD offrent l’avantage de prévoir les risques imminents en utilisant les prévisions météorologiques. Planifier les traitements à l’avance est essentiel pour garantir une protection suffisante, surtout compte tenu du fait que les produits phytosanitaires pour les maladies fongiques agissent principalement de manière préventive plutôt que curative. Parfois, quelques jours d’avance sur un premier traitement entraînent une énorme différence sur la sévérité finale de l’épidémie et permettent de sauver le rendement.

Le cas de l’Italie en 2023 : Quand l’expérience ne suffit pas

Par exemple, en Italie, en 2023, un début de saison de croissance exceptionnellement humide dans le sud et le centre a conduit à une épidémie dévastatrice de mildiou. La combinaison de pluies fréquentes et de températures chaudes en mai et juin a créé des conditions idéales pour la croissance fongique dans des régions où de telles épidémies étaient historiquement rares, entraînant des pertes de rendement significatives.

De nombreux vignerons ont réagi lentement car ils ont sous-estimé le risque, en supposant que leurs vignobles étaient historiquement moins sujets aux maladies. Par conséquent, ils ont déclenché les traitements trop tard, et ils ont été incapables de contenir les contaminations à temps.

Dans de telles situations, l’intégration des OAD, offrant des aperçus prédictifs sur le risque de maladie, se révèle utile pour formuler des stratégies phytosanitaires efficaces pour protéger le rendement. À mesure que les perturbations causées par le changement climatique deviennent plus fréquentes, les viticulteurs auront de plus en plus de difficultés à se fier uniquement à leurs expériences passées pour prédire les risques. Ainsi, l’importance des outils prédictifs de précision et des modèles ne fera que devenir plus évidente au fil du temps.

Si vous souhaitez en savoir plus sur Vintel et son module maladie, cliquez ici pour bénéficier d’un essai gratuit.

Les aléas climatiques, et particulièrement la sécheresse, rendent la production viticole fluctuante tant du point de vue de la qualité des baies que du rendement parcellaire.

L’irrigation de résilience est l’une des solutions pour garantir un rendement économiquement rentable, une production régulière – en volume et en qualité – et un vignoble durable.  Pour raisonner les apports en eau de la vigne, l’agriculture de précision est un outil majeur des pratiques agroécologiques.

Quels sont les enjeux d’un pilotage de précision de l’irrigation ?

Le viticulteur doit piloter la contrainte hydrique de sa vigne tout le long de la saison, pour tirer le meilleur parti du comportement de la plante et ainsi atteindre les objectifs de production qu’il s’est fixés. La contrainte hydrique engendre différentes types de réponses de la plante au cours de la croissance végétative :

Cependant, d’autres facteurs jouent un rôle et 65 à 70% du rendement de la saison en cours se construit l’année précédente, quand l’initiation des bourgeons floraux a lieu. La marge de manœuvre est donc fonction de paramètres nombreux et complexes, qui nécessitent une conduite de précision de la réserve utile.

Déclencher la première irrigation : une décision majeure pour le rendement

Les cépages sont de plus en plus avancés et précoces, les vignes débourrent plus tôt, à la suite d’hivers plus doux qu’auparavant. Les réserves utiles ne sont plus autant remplies en début de saison. Déclencher la première irrigation par anticipation permet de recharger les sols avant que la vigne vide la réserve utile pour sa croissance végétative.

Au vignoble, la croissance végétative et la production de raisin sont les premières à être affectées par la contrainte hydrique. Le nombre de grappes par souche et le nombre de baies par grappes sont déterminés bien avant une contrainte hydrique significative. Il faut donc anticiper les apports d’eau avant d’observer un signe de contrainte hydrique par observation à la parcelle. Le déclenchement des irrigations dépend bien évidemment du type de sol et de sa réserve utile.

Les sols superficiels demandent un apport fractionné d’eau en saison. Contrairement aux sols plus profonds qui préfèrent de plus gros apports ponctuels. Sur sol sec, il est recommandé de déclencher l’irrigation assez tôt dans la saison. Cette contrainte hydrique constitue un frein à la minéralisation de la matière organique et au développement des nouvelles pousses.

Comment Vintel accompagne les viticulteurs pour déclencher les irrigations ?

Vintel accompagne depuis cinq ans des viticulteurs en France et à l’étranger dans la conduite hydrique de leur vignoble. La solution Vintel permet de suivre en temps réel le statut hydrique d’une parcelle grâce à un modèle agronomique et des données météo journalières.

Yoann Schaefer du Domaine Aubian (11) témoigne : « Commencer l’irrigation plus tôt me permet d’avoir un coup d’avance et du confort pour le reste de la saison. Vintel permet de s’assurer du remplissage de la réserve utile avant l’apparition des premiers stress

C’est le potentiel foliaire de base qui est modélisé (courbe noire) et qui est suivi tout le long de la saison par les utilisateurs.

Pour déclencher la première irrigation en début de saison :

1 : Vérifier les stades phénologiques ainsi que les irrigations passées (en hiver) ont bien été saisies

2 : Choisir une date où Vintel recommande une quantité pertinente à apporter en une seule fois

3 : S’assurer que l’irrigation prévue ne dépasse pas l’apport maximal conseillé

4 : Saisir l’irrigation. Observer la courbe et les nouvelles recommandations. Anticiper la prochaine irrigation

« Nous observons chez les viticulteurs des premières irrigations souvent trop tardives, au moment des observations de l’arrêt de croissance des apex.  Vintel permet de déclencher au moment optimal les premières irrigations. Par ailleurs, les infrastructures d’irrigation des domaines ne permettent pas toujours d’irriguer tout le domaine en même temps. Vintel permet plus de flexibilité dans ces opérations d’irrigation car l’outil aide à repérer les parcelles qui ont besoin d’un apport en premier. » précise Loïc Debiolles, chargé d’Affaires Marché Vigne chez ITK.

Selon une étude australienne du CSIRO, des précipitations réduites pendant l’hiver et une réserve utile vide à la reprise de la croissance retardent le débourrement et diminuent le rendement jusqu’à 40 %. Des conditions de sol trop sèches peuvent également provoquer des troubles de la croissance. Par exemple, dans le centre de la Californie, la sécheresse hivernale de 2021 a eu de graves conséquences sur les vignobles. De nombreux producteurs ont signalé un retard de croissance, une faible croissance et l’avortement des fruits. Certains vignobles gravement touchés ont subi une perte de rendement substantielle.

Le problème est connu sous le nom de « delayed spring growth» dans les pays anglosaxons et il est souvent causé par le manque d’humidité du sol. Il en résulte un flétrissement des bourgeons, un retard de croissance et, dans les cas les plus graves, la coulure et l’avortement des jeunes fruits. Ils sont est en partie due à une atteinte vasculaire causées par des conditions sèches. Les bourgeons dormants se déshydratent pendant l’hiver et ont des connexions vasculaires relativement faibles avec le reste de la vigne. Le flux de sève printanière (les pleurs de la vigne) aide à résoudre les embolies vasculaires qui pourraient se former pendant l’hiver et aide à réhydrater les bourgeons. Cependant, lorsque le sol est trop sec ou que la réserve en sucres est trop faible, ce processus peut être altéré et les pousses mal connectées ne reçoivent pas un apport suffisant à la reprise de la croissance, même si l’humidité du sol est ensuite rétablie.

Coulure

Une autre conséquence de la sécheresse du sol en hiver et au printemps est l’inhibition de la formation de racines fines. Les racines fines sont des racines non ligneuses à vie courte avec de très petits diamètres < 1 mm. Elles sont importantes pour l’acquisition des ressources et pour les interactions microbiennes. Leur croissance est stimulée par une demande accrue en sucres de la plante (au printemps, par exemple) mais est aussi fortement limitée par le manque d’humidité du sol. Pour cette raison, la sécheresse en début de saison peut entraîner une diminution de l’absorption des éléments nutritifs et provoquer des carences.

Ces conséquences ne sont pas homogènes dans les vignobles. Comme seules certaines pousses sont affectées par des problèmes vasculaires et que les zones sèches des sols sont souvent réparties de manière hétérogène en fonction de la variabilité du sol, ces effets peuvent désynchroniser le débourrement et les phases phénologiques suivantes, rendant les opérations viticoles plus compliquées.

Changement climatique, fourmis et sécheresse hivernale: un terrible mélange pour votre système d’irrigation

En plus de ses effets néfastes sur la croissance des plantes, la sécheresse hivernale est à l’origine d’un autre problème dans les vignobles : la rupture et la défaillance des systèmes de goutte à goutte enterrés.

Ces dernières années, de nombreux vignobles du sud de la France ont signalé des dommages et des pannes de systèmes d’irrigation au début de la saison de croissance. Cela s’est produit uniquement pour les systèmes de goutte à goutte enterrés et après des hivers plus secs et plus chauds que la moyenne comme 2019. Des enquêtes approfondies ont révélé que les émetteurs d’eau le long de la tuyauterie sont endommagés par des fourmis du sol qui recherchent de l’eau à la fin du repos hivernal.

Lorsque les fourmis ne trouvent pas d’eau dans le profil du sol, elles entrent dans le système d’irrigation et en perforent les membranes pour entrer dans les conduites d’eau. Le phénomène a été particulièrement prononcé ces dernières années et alimenté par le changement climatique.

Chez la plupart des espèces méditerranéennes et tempérées, les fourmis cessent de chercher de la nourriture et deviennent inactives en hiver. Parce que leurs activités sont fortement réduites, elles peuvent survivre avec leurs réserves d’énergie pendant quelques mois. Cet état métabolique est appelé « diapause ». L’augmentation de la température au cours des premiers mois du printemps pousse les fourmis à réémerger de leurs chambres, les incitant à rechercher de nouvelles sources de nourriture et d’eau. Au cours des dernières années, des températures hivernales record ont favorisé une activité plus précoce des fourmis, à l’intérieur de sols secs qui n’avaient pas encore été irrigués. Le manque d’humidité a poussé les fourmis dans les systèmes d’irrigation où les dégâts ont été causés.

De nombreuses espèces de fourmis différentes vivent dans les sols méditerranéens, mais seules quelques-unes sont suffisamment petites pour pénétrer dans les émetteurs et se promener dans le système. Dans le sud de la France, les coupables ont été identifiés comme appartenant au genre Solenopsis .

Les coupables : fourmis du genre Solenopsis.

Comment protéger son vignoble : l’importance de l’irrigation hivernale

Compte tenu des effets néfastes que peut avoir une sécheresse excessive du sol en hiver, il est important de s’assurer que les sols conservent leur humidité pendant le repos hivernal et sont prêts à supporter une reprise de croissance saine au moment du débourrement. 

Pendant les mois d’hiver, les producteurs doivent évaluer l’humidité du sol, examiner les prévisions météorologiques et déterminer si une irrigation hivernale peut être nécessaire. Si le sol est sec, qu’aucune précipitation importante ne s’est produite et qu’aucune n’est prévue, alors l’irrigation est recommandée. Les vignes utilisent beaucoup moins d’eau pendant la saison de dormance que pendant la saison de croissance, et des températures plus basses diminuent l’évaporation du sol, de sorte qu’une seule irrigation sera souvent nécessaire en janvier ou février.

Les experts en irrigation conseillent d’effectuer une « irrigation technique » pour remplir la réserve utile et ainsi gérer les éventuels troubles de croissance et éviter que les fourmis n’endommagent les systèmes d’irrigation souterrains. Pour savoir exactement quand et combien de temps irriguer, une connaissance précise de la texture et de la profondeur du sol et l’évaluation de sa capacité de stockage d’eau sont très utiles. Ces informations peuvent être fournies par des modèles agronomiques et des OAD d’irrigation comme Vintel.

Qu’est-ce que l’enherbement ? Quels en sont les avantages ? Les inconvénients ? Quelles espèces choisir ? Quels éléments prendre en compte pour le gérer ?… L’enherbement est un sujet complexe qui suscite de nombreuses questions, si bien qu’il est parfois difficile de s’y retrouver. Voici 10 choses à savoir sur l’enherbement de la vigne ! 

1. L‘enherbement désigne la culture d’un tapis végétal

L’enherbement consiste à cultiver un tapis végétal au pied d’une culture verticale (vigne, verger, houblonnière…). Ce couvert végétal peut être naturel ou semé, temporaire ou permanent, implanté tous les rangs ou non. Il constitue une alternative au désherbage chimique et au travail du sol.

Cette technique n’est pas nouvelle puisqu’il y a 2000 ans, les Romains la pratiquaient déjà.
En effet, jusqu’aux années 1930, ce mode d’entretien des sols viticoles était considéré comme une bonne pratique viticole, ayant des effets positifs sur le sol du vignoble.

Plus tard, le développement des engrais minéraux, la mécanisation, et une accrue conscience de la concurrence nutritive et hydrique entre « l’herbe » et la vigne ont fait régresser l’enherbement. Depuis les années 70, le désherbage chimique a été adopté par la grande majorité des vignobles en France.

2. L’enherbement concerne 52% de la surface du vignoble national

Le dernier rapport de l’Agreste (Graph’agri 2021) rappelle qu’en 2016, 52% de la surface du vignoble national pratiquait l’enherbement sur l’inter-rang, partiel ou total. Selon les bassins viticoles, cet enherbement pouvait être très hétérogène, de 24% en Bourgogne à 99% en Dordogne.

De plus, les vignobles méditerranéens ne pratiquent que peu l’enherbement. La raison ? Les viticulteurs craignent une concurrence trop importante pour la vigne, notamment en matière de stress hydrique.

3. L’enherbement favorise la vie biologique du sol

L’enherbement représente une source importante de matière organique qui favorise la vie biologique du sol. Il crée un biotope propice à la formation d’humus et au développement de la faune et de la flore.

4. L’enherbement protège les sols de l’érosion et limite le transfert de pesticides

L’enherbement prévient l’érosion des sols en agissant comme une couverture protectrice. Les racines des plantes enherbées maintiennent les particules de sol en place, empêchant ainsi leur érosion par l’eau et le vent. La végétation en surface crée une barrière physique qui atténue l’impact direct des gouttes de pluie, réduisant ainsi le risque de formation de ravines et de pertes de sol. En conséquence, l’enherbement contribue à maintenir l’intégrité des sols du vignoble préservant leur fertilité et leur capacité à soutenir la croissance.

De plus, l’enherbement agit comme une barrière naturelle contre le transfert de pesticides. La végétation capture une partie des pesticides qui pourraient autrement être lessivés par les précipitations ou les arrosages, limitant ainsi leur impact sur les eaux souterraines et les cours d’eau. En favorisant également une biodiversité microbienne dans le sol, les plantes enherbées contribuent à la décomposition naturelle des résidus de pesticides.

5. L’enherbement crée une concurrence

L’enherbement crée une concurrence hydro-azotée entre le couvert végétal et la vigne. Fortement influencée par le climat – notamment par l’ensoleillement et la pluviométrie –, cette concurrence doit être maîtrisée et adaptée aux objectifs visés. Si elle est trop forte, la vigne subira un stress hydrique trop important et ne disposera pas de la quantité d’azote appropriée.

La concurrence engendrée par l’enherbement s’exerce au moment de la croissance végétative de la vigne et lors de la maturation des baies. Ainsi, elle débute à partir du débourrement et s’accentue à la floraison. En période de repos végétatif (en automne et en hiver), il n’y a pas de concurrence entre la surface enherbée et la vigne.

Si la concurrence hydro-azotée est trop importante, elle peut représenter un risque pour la vigne. Aussi, pour maîtriser la concurrence, il est possible d’ajuster la largeur de l’enherbement ou d’irriguer. Attention toutefois : pour être efficaces, ces pratiques doivent être entreprises au bon moment.

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6. L’enherbement est déconseillé pour les jeunes vignes

En raison de cette concurrence hydro-azotée, l’Institut français de la vigne et du vin (IFV) déconseille d’enherber les jeunes vignes de moins de 3 ans. Les plans ne sont en effet pas assez développés pour puiser l’eau et les éléments nutritifs suffisamment profondément.

A l’exception des parcelles particulièrement vigoureuses, l’enherbement ne doit pas être envisagé avant la 4e ou la 5e année. Des bandes enherbées peuvent néanmoins être plantées autour de la parcelle afin de limiter l’érosion.

7. L’enherbement permet de maîtriser la vigueur de la vigne

L’enherbement peut être utilisé pour limiter les problèmes liés à une vigueur excessive de la plante. La concurrence hydro-azotée se traduit en effet par une réduction de la vigueur de la vigne et des rendements. Ainsi, en pilotant son enherbement, le viticulteur gagne en maîtrise, ce qui lui permet d’améliorer la qualité de ses vins.

8. L’enherbement peut contribuer à améliorer la qualité des vins

L’enherbement peut jouer un rôle bénéfique dans l’amélioration de la qualité des moûts en influençant à la fois la vigueur des vignes et la vie microbienne du sol.

La compétition entre le couvert végétal et la vigne peut conduire à une réduction de la vigueur, ce qui se traduit par des moûts moins acides et avec un potentiel alcoolique plus élevé. Pour les raisins rouges, cette amélioration potentielle de la qualité se traduit également par une augmentation de la concentration en composés phénoliques.

De plus, la recherche scientifique a établi des liens entre l’activité microbienne du sol et les processus de fermentation, entraînant ainsi des variations dans le goût, l’arôme et la composition chimique des vins produits. Ainsi, en favorisant le microbiote du sol, l’enherbement pourrait également influencer positivement la qualité des vins.

L’enherbement peut améliorer la qualité des vins

9. L’enherbement a des effets très différents d’une espèce à l’autre

Selon le type d’herbe plantée, l’enherbement aura des effets très différents sur la vigne. Aussi, le choix des espèces doit être minutieux : le viticulteur doit prendre en compte les objectifs de l’enherbement – concurrence, structure du sol, maîtrise de la vigueur, qualité des baies… Le critère le plus important pour définir l’espèce ou les espèces d’herbes à planter est la concurrence souhaitée ou acceptable par parcelle. Les autres éléments permettent ensuite d’affiner le choix de l’espèce.

Aussi, les espèces les moins concurrentielles pour la vigne sont les légumineuses et les graminées. Leur cycle se termine en effet au mois de mai : elles disparaissent donc pendant la saison estivale ce qui évite toute concurrence hydrique lors des plus fortes chaleurs.

A ne pas négliger : l’enherbement spontané. Il s’agit en effet souvent de l’option la plus simple (et la moins coûteuse). Les espèces présentes sur les parcelles sont, par nature, adaptées au climat et à la structure du sol. Par ailleurs, il est plus facile de détruire une bande d’enherbement spontané, ce qui représente un avantage non négligeable dans la gestion de la concurrence.

10. L’enherbement peut être piloté grâce à des outils

Certains viticulteurs se privent des bénéfices de l’enherbement pour éviter toute concurrence hydrique, alors même que cette concurrence pourrait être soutenable pour la vigne. En outre, il est aujourd’hui possible de piloter l’enherbement grâce à la connaissance du statut hydrique des parcelles.

Soucieux de faciliter le pilotage du statut hydro-azoté des végétaux, ITK a développé une solution digitale intelligente : Vintel. L’OAD Vintel® permet de piloter en temps réel l’irrigation et la fertilisation azotée selon les besoins en eau et en azote de la vigne. La solution fournit aux viticulteurs une connaissance précise du statut hydrique et azoté des parcelles, pour une meilleure gestion du vignoble… et de l’enherbement, le cas échéant !

De plus, pour les régions irrigables, Vintel fournit des recommandations d’irrigation adaptées à chaque parcelle et profil de vin, à partir de modèles agro-environnementaux et d’intelligence artificielle. A la clé : optimisation du rendement, suivi du profil organoleptique, amélioration de la sélection parcellaire, économies d’eau…

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Le climat évolue rapidement, perturbant de nombreuses activités humaines. Ces changements vont entraîner des conséquences importantes sur l’agriculture en raison du lien fort entre les variables climatiques et la croissance des cultures.

Certains agroécosystèmes sont considérés comme plus vulnérables en raison de leur sensibilité au climat et de leur résilience limitée au changement.

La vulnérabilité de la viticulture

Les agroécosystèmes viticoles sont inclus dans cette catégorie pour différentes raisons. Parmi celles-ci, leur présence dans des zones géographiques déjà limitées en eau et qui souffriront de sécheresses de plus en plus sévères dans les prochaines décennies, les effets cruciaux du climat sur le rendement et la qualité, et, pour certaines régions, une rigidité structurelle dans le secteur viticole empêchant une adaptation rapide.

La vigne est cultivée dans les zones les plus touchées par le changement climatique

Les climats méditerranéens sont particulièrement bien adaptés à la viticulture, ce qui permet d’obtenir un large éventail de variétés et de styles de vins. La saison de croissance longue et ensoleillée offre aux vignes un départ précoce et permet des récoltes tardives. Elle garantit également un processus de maturation équilibré, une excellente couleur, des tanins doux et un arôme exceptionnel. Pour cette raison, certaines des régions viticoles les plus renommées sont situées autour de la Méditerranée, en Californie et en Australie du Sud.

Malheureusement, le bassin méditerranéen a également est aussi une région particulierement vulnerable changement climatique, avec un réchauffement de 20 % plus rapide que la moyenne mondiale et une diminution prévue des précipitations de 30 % d’ici 2080. De même, la Californie a connu certaines de ses pires sécheresses ces dernières années en raison du changement climatique. La période de 2000 à 2021 a en effet été la période de 22 ans la plus sèche au cours des 1 000 dernières années dans cette région, ce qui a été décrit comme une « ère de mégasécheresse » par les experts en climat.

Ces changements ont déjà un impact sur le secteur vitivinicole et entraîneront probablement une perturbation des agroécosystèmes viticoles traditionnels au cours des prochaines décennies.

La production de raisin dépend de la température et de la disponibilité de l’eau

Les systèmes viticoles, plus encore que les autres systèmes de culture, se caractérisent par des liens particulièrement étroits entre le climat et la production en termes de qualité et de quantité. En effet, le climat a un impact plus important sur le développement de la vigne et la composition des fruits que le sol et la variété de vigne. De nombreux facteurs atmosphériques individuels (par exemple, le rayonnement solaire, le vent, l’humidité, etc.) influent sur la croissance et la productivité des vignes, mais la température et la disponibilité de l’eau sont probablement les plus importants. Ces variables climatiques sont également celles qui devraient le plus changer au cours des prochaines décennies, selon les scénarios de changement climatique.

En plus d’affecter la physiologie du raisin, la température et l’humidité affectent également le risque des maladies, qui sont un facteur indirect de rendement et de qualité. Les ravageurs et les maladies sont fortement favorisés/inhibés par les variables météorologiques, et le changement climatique pourrait probablement modifier la distribution des foyers de maladies. Par exemple, un temps plus chaud et plus sec peut entraîner une diminution des maladies typiques de climat frais telles que le mildiou et une augmentation des maladies de climat chaud ou des insectes nuisibles dans certaines régions. Ces changements impliquent que les pratiques phytosanitaires pourraient devoir être adaptées pour offrir une protection adéquate aux vignes à l’avenir.

Les régions viticoles traditionnelles n’adaptent pas assez rapidement.

Dans les régions traditionnellement productrices de vins de grande valeur, comme le Bordelais en France ou la région de Barolo en Italie, des réglementations sont mises en place pour garantir la sécurité du consommateur. Les producteurs ne peuvent utiliser que des raisins autorisés par les autorités de l’appellation et les raisins ne peuvent provenir que de certaines zones. Ce système, censé protéger les producteurs et les consommateurs, pourrait révéler sa fragilité en période de changement climatique rapide. En effet, le climat optimal pour les variétés et les types de vins évolue rapidement, ce qui signifie que de nouvelles variétés et méthodes ne peuvent pas être introduites facilement sans perdre leur label prestigieux. De telles restrictions n’existent pas dans les régions viticoles du nouveau monde, où il incombe largement à chaque producteur de décider ce qu’il cultive et comment il fait son vin, facilitant la prise de mesures d’adaptation.

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Adaptations au changement climatique : vers une viticulture résiliente au changement climatique

Avec autant d’enjeux, il n’est pas étonnant que les vignerons et les chercheurs expérimentent pour trouver des mesures d’adaptation au changement climatique. Par exemple :

Les producteurs envisagent de changer de variétés traditionnelles.

Certaines variétés de vigne sont mieux adaptées aux climats chauds que d’autres. Elles ont généralement une phénologie plus tardive, elles sont plus tolérantes à la sécheresse et aux températures élevées, elles sont plus résistantes aux maladies et produisent moins de sucre avec une acidité plus élevée. De nouvelles variétés peuvent également être créées en sélectionnant spécifiquement des caractères résistants au climat, avec l’aide de la génétique et de l’écophysiologie. Ces variétés peuvent être plantées dans les régions qui ont des variétés de climat frais et qui souffrent du changement climatique. C’est déjà le cas à Bordeaux et dans la Napa Valley, deux régions prestigieuses étroitement associées au cabernet sauvignon. Dans le Bordelais, les producteurs ne peuvent utiliser que des raisins autorisés par les autorités de l’appellation et ne peuvent remplacer les cépages traditionnels que dans une faible proportion. Dans les pays du nouveau monde comme la Californie, les viticulteurs sont plus libres d’adapter leur production à l’évolution du climat.

Les pratiques s’adaptent pour atténuer les changements climatiques

Les pratiques viticoles peuvent être adaptées pour maximiser l’humidité disponible et minimiser la chaleur dans le vignoble. Par exemple, la diminution de la densité des parcelles réduit le stress hydrique et le choix de systèmes de treillis entraînant une canopée plus horizontale peut protéger les raisins du soleil et de la chaleur excessive. Les pratiques culturales ont également leur importance, en particulier celles qui augmentent la teneur en matière organique et maximisent la rétention d’eau près des racines.

Les systèmes de pergola augmentent l’ombre dans le vignoble et protègent les raisins contre les brûlures dues au soleil.

Enfin, l’irrigation est essentielle pour protéger le rendement et la qualité. Cependant, comme l’eau devient une ressource précieuse dans les zones arides, l’accent est mis sur des stratégies d’irrigation de plus en plus précises, fournissant aux vignes la bonne quantité d’eau au moment où elles en ont le plus besoin.

Les vignobles se déplacent vers des zones et des régions plus fraîches

Sous l’effet du réchauffement, des régions qui étaient auparavant considérées comme trop froides deviennent aujourd’hui propices à la viticulture commerciale. Les vignobles sont désormais plantés à des altitudes plus élevées ou dans des régions fraîches qui ne sont pas traditionnellement considérées comme propices à la production de vin, mais qui le deviennent en raison du réchauffement. Par exemple, de nombreux domaines viticoles ont été plantés ces dernières années dans le sud du Royaume-Uni, où la superficie des terres viticoles augmente de 1 000 ha chaque année. Une autre adaptation a été la plantation de vignobles sur des pentes exposées au nord dans des régions chaudes. L’exposition nord réduit le rayonnement solaire et la température, contrecarrant les effets négatifs du réchauffement sur les vignes.

Une viticulture plus intelligente

Il est désormais clair que la clé pour assurer la durabilité viticole face au changement climatique résidera dans la flexibilité et la volonté de changer les habitudes traditionnelles pour adopter de nouvelles habitudes et technologies intelligentes face au climat. Pour accroître la résilience de la viticulture et préserver le rendement et la qualité, il est essentiel d’optimiser les pratiques viticoles pour les adapter aux changements climatiques et les rendre plus précises.

Les technologies intelligentes viennent en aide aux cultivateurs pour anticiper les effets de ces changements et mettre en place des pratiques et des outils résilients pour protéger la production.

L’un d’entre eux est Vintel : une solution tout-en-un pour gérer les vignobles. Vintel est une application pour ordinateur et smartphone, basée sur des modèles agronomiques qui simulent, jour par jour, l’état hydrique, nutritif et le risque de maladie de votre vignoble et qui vous aide à prendre les meilleures décisions face au changement climatique.

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