Avec l’arrivée du printemps, se présente l’opportunité de préparer vos vignes pour une saison fertile. Pourquoi la nutrition des vignes dès le début de la saison est-elle cruciale ? Quel rôle joue l’azote dans cette équation délicate entre croissance et qualité des fruits ? Découvrons les clés pour une saison viticole réussie.

Assurer une nutrition optimale dès le début de la saison

Pour optimiser votre saison viticole, il est essentiel de fournir dès le début un apport nutritionnel stratégique aux vignes. Un apport nutritionnel adéquat avant la floraison favorise une croissance saine et vigoureuse, assurant les bases d’une récolte de qualité. Un apport nutritif précoce, particulièrement s’il garantit l’équilibre optimal des éléments majeurs et des oligo-éléments, est stratégique car il favorise un développement racinaire sain, une floraison optimale, renforce la résistance aux stress environnementaux et contribue à produire une récolte de haute qualité. Tout déséquilibre pourrait conduire à des pertes de rendements ou un impact sur la qualité du vin.

Maîtriser la quantité idéale d’azote

L’azote, élément nutritif qui influence le plus le rendement, est essentiel pour la croissance des vignes, mais trouver le juste équilibre est un défi. Un faible taux d’azote peut limiter la croissance des fruits, tandis qu’un taux trop élevé peut entraîner une végétation excessive et des risques de maladies.

Selon l’IFV, les dosages d’azote recommandés se situent généralement de 30 à 60 kg N/ha pour des productions de 6 à 10 t/ha et 60 à 90 kg N/ha pour des productions de 10 à 25 t/ha.

L’absorption de l’azote se déroule principalement en trois phases : la première se produit pendant et peu après la floraison. L’azote absorbé est alors principalement utilisé pour la croissance végétative. Une deuxième phase a lieu pendant la véraison, période durant laquelle l’azote absorbé enrichit principalement les baies. Enfin, une troisième phase intervient après les vendanges, si les conditions climatiques le permettent. L’azote absorbé est alors stocké dans les parties pérennes de la vigne.

Il est donc crucial de planifier la fertilisation de manière que la bonne quantité d’azote soit disponible pendant ces périodes critiques. Vous maximisez ainsi la santé de vos vignes et garantissez la qualité de votre récolte, en favorisant une croissance équilibrée et une maturation optimale.

L’azote, moteur de croissance et de qualité pour la vigne

Outre son rôle crucial dans la croissance des vignes, l’azote joue un rôle déterminant dans la fermentation et la qualité du vin. Pendant la fermentation alcoolique, l’azote est utilisé par les levures pour métaboliser les sucres en alcool et en d’autres composés aromatiques. Un apport adéquat en azote favorise ainsi une fermentation plus complète, contribuant à la production de vins de meilleure qualité.

De plus, l’azote est essentiel pour la synthèse des protéines dans les baies, ce qui influence directement la composition du moût et, par conséquent, les caractéristiques organoleptiques du vin final. Un bon apport d’azote favorise la production de mouts plus riches en acides aminés, en protéines et en enzymes, éléments clés pour obtenir des vins équilibrés, aromatiques et dotés d’une texture plus complexe.

Ainsi, en assurant un apport optimal en azote tout au long du cycle de croissance de la vigne, les viticulteurs peuvent améliorer significativement la qualité de leur récolte et produire des vins d’exception.

Nos experts anticipent la compétition azotée

Le cycle de l’azote est complexe et les facteurs de compétition azotée pour les cultures, nombreux, mais cette compétition peut être anticipée afin de maximiser la biodisponibilité de l’azote pour la vigne. Nos experts calculent avec précision le dosage d’azote nécessaire, en tenant compte du couvert végétal et du type d’engrais utilisé, pour une disponibilité optimale des nutriments dans le sol. Piloter votre fertilisation azotée et maîtriser les facteurs de compétition permet d’assurer la productivité et la santé de votre vignoble de manière durable.

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Les maladies fongiques de la vigne représentent un défi majeur pour les viticulteurs du monde entier. Ces affections, causées par divers champignons pathogènes, peuvent avoir des répercussions dévastatrices en compromettant le rendement et la qualité des raisins. Au fil du temps, la pression élevée des maladies et le manque de variétés résistantes génétiquement ont conduit à une forte utilisation de pesticides dans les vignobles afin de préserver les rendements et la qualité. Chaque année, environ 2 millions de tonnes de pesticides différents sont utilisés dans le monde, et cette quantité est susceptible d’augmenter avec l’émergence de résistances à leurs principes actifs.

Il est donc essentiel de planifier avec soin les traitements phytosanitaires en choisissant le moment optimal pour les appliquer et en déterminant le type et la quantité de produits à utiliser. Cette approche vise à réduire au minimum les impacts sur l’environnement et la santé humaine tout en diminuant les coûts globaux des traitements pour les viticulteurs.

Quand les vignobles sont-ils exposés au risque de maladie ?

Il est primordial d’évaluer précisément le risque de maladie actuel en intégrant diverses informations. Cette évaluation peut être illustrée par le triangle de la maladie, un concept bien établi en phytopathologie. Selon ce modèle conceptuel, le développement réel d’une maladie nécessite la conjonction de trois facteurs critiques : la présence d’un hôte susceptible, d’un pathogène virulent et d’un environnement favorable au développement de la maladie.

Bien qu’il soit généralement facile de déterminer la présence d’un pathogène dans une région donnée, l’évaluation de la sensibilité de la plante et de la propension climatique à la maladie peut s’avérer plus complexe. Chaque maladie réagit à des conditions météorologiques spécifiques et attaque la plante lors de fenêtres de vulnérabilité spécifiques, souvent associées à des phases phénologiques particulières. Par exemple, la vigne est sensible à l’oïdium à partir du stade où les feuilles sont à moitié étalées jusqu’au stade ou le baies deviennent résistantes à la pénétration du champignon, avant le début du processus de maturation. Ainsi, pour évaluer le risque de maladie réel, il est nécessaire de prendre en compte non seulement l’impact des conditions météorologiques sur l’oïdium, mais également la vulnérabilité de la vigne selon les stades phénologiques.

Phases phénologiques de sensibilité à l’oïdium et au mildiou de la vigne. La sensibilité est élevée depuis le stade « 3 feuilles étalées » et perdure jusqu’au stade « fermeture de la grappe – véraison »

Prédire les interactions entre les plantes, les maladies et l’efficacité des traitements

La complexité des interactions entre les plantes et l’environnement peut poser des défis dans l’évaluation du risque maladie et la prise de décisions phytosanitaires rapides et efficaces. Pour relever ces défis, la viticulture de précision utilise des outils qui tiennent compte simultanément de tous les facteurs contributifs. Une approche efficace consiste à intégrer des modèles phénologiques de la plante avec des modèles de maladies au sein d’un Outil d’Aide à la Décision (OAD).

Cette méthode implique de simuler l’interaction entre le développement de la maladie et la vulnérabilité de la plante. Cette approche de modélisation combinée permet une évaluation précise du risque en comparant les différentes étapes de la progression de la maladie avec la phénologie de la plante. Les informations ainsi obtenues facilitent des interventions plus ciblées et opportunes, améliorant l’efficacité de la gestion des maladies dans les vignobles.

De plus, les OAD basés sur des modèles peuvent prédire la durée de l’efficacité du traitement et la probabilité de lessivage en cas de pluie. Cela signifie que le renouvellement des applications n’est plus une question de spéculation mais repose sur des bases plus empiriques. Les applications excessives sont évitées car les viticulteurs connaissent le niveau de protection de leurs plantes et peuvent ainsi économiser de l’argent et réduire les impacts environnementaux tout en maintenant la santé des vignobles, la qualité des raisins et en augmentant finalement leur rentabilité.

La clé d’une stratégie de protection réussie : anticiper le risque

Enfin, les OAD offrent l’avantage de prévoir les risques imminents en utilisant les prévisions météorologiques. Planifier les traitements à l’avance est essentiel pour garantir une protection suffisante, surtout compte tenu du fait que les produits phytosanitaires pour les maladies fongiques agissent principalement de manière préventive plutôt que curative. Parfois, quelques jours d’avance sur un premier traitement entraînent une énorme différence sur la sévérité finale de l’épidémie et permettent de sauver le rendement.

Le cas de l’Italie en 2023 : Quand l’expérience ne suffit pas

Par exemple, en Italie, en 2023, un début de saison de croissance exceptionnellement humide dans le sud et le centre a conduit à une épidémie dévastatrice de mildiou. La combinaison de pluies fréquentes et de températures chaudes en mai et juin a créé des conditions idéales pour la croissance fongique dans des régions où de telles épidémies étaient historiquement rares, entraînant des pertes de rendement significatives.

De nombreux vignerons ont réagi lentement car ils ont sous-estimé le risque, en supposant que leurs vignobles étaient historiquement moins sujets aux maladies. Par conséquent, ils ont déclenché les traitements trop tard, et ils ont été incapables de contenir les contaminations à temps.

Dans de telles situations, l’intégration des OAD, offrant des aperçus prédictifs sur le risque de maladie, se révèle utile pour formuler des stratégies phytosanitaires efficaces pour protéger le rendement. À mesure que les perturbations causées par le changement climatique deviennent plus fréquentes, les viticulteurs auront de plus en plus de difficultés à se fier uniquement à leurs expériences passées pour prédire les risques. Ainsi, l’importance des outils prédictifs de précision et des modèles ne fera que devenir plus évidente au fil du temps.

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Les aléas climatiques, et particulièrement la sécheresse, rendent la production viticole fluctuante tant du point de vue de la qualité des baies que du rendement parcellaire.

L’irrigation de résilience est l’une des solutions pour garantir un rendement économiquement rentable, une production régulière – en volume et en qualité – et un vignoble durable.  Pour raisonner les apports en eau de la vigne, l’agriculture de précision est un outil majeur des pratiques agroécologiques.

Quels sont les enjeux d’un pilotage de précision de l’irrigation ?

Le viticulteur doit piloter la contrainte hydrique de sa vigne tout le long de la saison, pour tirer le meilleur parti du comportement de la plante et ainsi atteindre les objectifs de production qu’il s’est fixés. La contrainte hydrique engendre différentes types de réponses de la plante au cours de la croissance végétative :

Cependant, d’autres facteurs jouent un rôle et 65 à 70% du rendement de la saison en cours se construit l’année précédente, quand l’initiation des bourgeons floraux a lieu. La marge de manœuvre est donc fonction de paramètres nombreux et complexes, qui nécessitent une conduite de précision de la réserve utile.

Déclencher la première irrigation : une décision majeure pour le rendement

Les cépages sont de plus en plus avancés et précoces, les vignes débourrent plus tôt, à la suite d’hivers plus doux qu’auparavant. Les réserves utiles ne sont plus autant remplies en début de saison. Déclencher la première irrigation par anticipation permet de recharger les sols avant que la vigne vide la réserve utile pour sa croissance végétative.

Au vignoble, la croissance végétative et la production de raisin sont les premières à être affectées par la contrainte hydrique. Le nombre de grappes par souche et le nombre de baies par grappes sont déterminés bien avant une contrainte hydrique significative. Il faut donc anticiper les apports d’eau avant d’observer un signe de contrainte hydrique par observation à la parcelle. Le déclenchement des irrigations dépend bien évidemment du type de sol et de sa réserve utile.

Les sols superficiels demandent un apport fractionné d’eau en saison. Contrairement aux sols plus profonds qui préfèrent de plus gros apports ponctuels. Sur sol sec, il est recommandé de déclencher l’irrigation assez tôt dans la saison. Cette contrainte hydrique constitue un frein à la minéralisation de la matière organique et au développement des nouvelles pousses.

Comment Vintel accompagne les viticulteurs pour déclencher les irrigations ?

Vintel accompagne depuis cinq ans des viticulteurs en France et à l’étranger dans la conduite hydrique de leur vignoble. La solution Vintel permet de suivre en temps réel le statut hydrique d’une parcelle grâce à un modèle agronomique et des données météo journalières.

Yoann Schaefer du Domaine Aubian (11) témoigne : « Commencer l’irrigation plus tôt me permet d’avoir un coup d’avance et du confort pour le reste de la saison. Vintel permet de s’assurer du remplissage de la réserve utile avant l’apparition des premiers stress

C’est le potentiel foliaire de base qui est modélisé (courbe noire) et qui est suivi tout le long de la saison par les utilisateurs.

Pour déclencher la première irrigation en début de saison :

1 : Vérifier les stades phénologiques ainsi que les irrigations passées (en hiver) ont bien été saisies

2 : Choisir une date où Vintel recommande une quantité pertinente à apporter en une seule fois

3 : S’assurer que l’irrigation prévue ne dépasse pas l’apport maximal conseillé

4 : Saisir l’irrigation. Observer la courbe et les nouvelles recommandations. Anticiper la prochaine irrigation

« Nous observons chez les viticulteurs des premières irrigations souvent trop tardives, au moment des observations de l’arrêt de croissance des apex.  Vintel permet de déclencher au moment optimal les premières irrigations. Par ailleurs, les infrastructures d’irrigation des domaines ne permettent pas toujours d’irriguer tout le domaine en même temps. Vintel permet plus de flexibilité dans ces opérations d’irrigation car l’outil aide à repérer les parcelles qui ont besoin d’un apport en premier. » précise Loïc Debiolles, chargé d’Affaires Marché Vigne chez ITK.

Selon une étude australienne du CSIRO, des précipitations réduites pendant l’hiver et une réserve utile vide à la reprise de la croissance retardent le débourrement et diminuent le rendement jusqu’à 40 %. Des conditions de sol trop sèches peuvent également provoquer des troubles de la croissance. Par exemple, dans le centre de la Californie, la sécheresse hivernale de 2021 a eu de graves conséquences sur les vignobles. De nombreux producteurs ont signalé un retard de croissance, une faible croissance et l’avortement des fruits. Certains vignobles gravement touchés ont subi une perte de rendement substantielle.

Le problème est connu sous le nom de « delayed spring growth» dans les pays anglosaxons et il est souvent causé par le manque d’humidité du sol. Il en résulte un flétrissement des bourgeons, un retard de croissance et, dans les cas les plus graves, la coulure et l’avortement des jeunes fruits. Ils sont est en partie due à une atteinte vasculaire causées par des conditions sèches. Les bourgeons dormants se déshydratent pendant l’hiver et ont des connexions vasculaires relativement faibles avec le reste de la vigne. Le flux de sève printanière (les pleurs de la vigne) aide à résoudre les embolies vasculaires qui pourraient se former pendant l’hiver et aide à réhydrater les bourgeons. Cependant, lorsque le sol est trop sec ou que la réserve en sucres est trop faible, ce processus peut être altéré et les pousses mal connectées ne reçoivent pas un apport suffisant à la reprise de la croissance, même si l’humidité du sol est ensuite rétablie.

Coulure

Une autre conséquence de la sécheresse du sol en hiver et au printemps est l’inhibition de la formation de racines fines. Les racines fines sont des racines non ligneuses à vie courte avec de très petits diamètres < 1 mm. Elles sont importantes pour l’acquisition des ressources et pour les interactions microbiennes. Leur croissance est stimulée par une demande accrue en sucres de la plante (au printemps, par exemple) mais est aussi fortement limitée par le manque d’humidité du sol. Pour cette raison, la sécheresse en début de saison peut entraîner une diminution de l’absorption des éléments nutritifs et provoquer des carences.

Ces conséquences ne sont pas homogènes dans les vignobles. Comme seules certaines pousses sont affectées par des problèmes vasculaires et que les zones sèches des sols sont souvent réparties de manière hétérogène en fonction de la variabilité du sol, ces effets peuvent désynchroniser le débourrement et les phases phénologiques suivantes, rendant les opérations viticoles plus compliquées.

Changement climatique, fourmis et sécheresse hivernale: un terrible mélange pour votre système d’irrigation

En plus de ses effets néfastes sur la croissance des plantes, la sécheresse hivernale est à l’origine d’un autre problème dans les vignobles : la rupture et la défaillance des systèmes de goutte à goutte enterrés.

Ces dernières années, de nombreux vignobles du sud de la France ont signalé des dommages et des pannes de systèmes d’irrigation au début de la saison de croissance. Cela s’est produit uniquement pour les systèmes de goutte à goutte enterrés et après des hivers plus secs et plus chauds que la moyenne comme 2019. Des enquêtes approfondies ont révélé que les émetteurs d’eau le long de la tuyauterie sont endommagés par des fourmis du sol qui recherchent de l’eau à la fin du repos hivernal.

Lorsque les fourmis ne trouvent pas d’eau dans le profil du sol, elles entrent dans le système d’irrigation et en perforent les membranes pour entrer dans les conduites d’eau. Le phénomène a été particulièrement prononcé ces dernières années et alimenté par le changement climatique.

Chez la plupart des espèces méditerranéennes et tempérées, les fourmis cessent de chercher de la nourriture et deviennent inactives en hiver. Parce que leurs activités sont fortement réduites, elles peuvent survivre avec leurs réserves d’énergie pendant quelques mois. Cet état métabolique est appelé « diapause ». L’augmentation de la température au cours des premiers mois du printemps pousse les fourmis à réémerger de leurs chambres, les incitant à rechercher de nouvelles sources de nourriture et d’eau. Au cours des dernières années, des températures hivernales record ont favorisé une activité plus précoce des fourmis, à l’intérieur de sols secs qui n’avaient pas encore été irrigués. Le manque d’humidité a poussé les fourmis dans les systèmes d’irrigation où les dégâts ont été causés.

De nombreuses espèces de fourmis différentes vivent dans les sols méditerranéens, mais seules quelques-unes sont suffisamment petites pour pénétrer dans les émetteurs et se promener dans le système. Dans le sud de la France, les coupables ont été identifiés comme appartenant au genre Solenopsis .

Les coupables : fourmis du genre Solenopsis.

Comment protéger son vignoble : l’importance de l’irrigation hivernale

Compte tenu des effets néfastes que peut avoir une sécheresse excessive du sol en hiver, il est important de s’assurer que les sols conservent leur humidité pendant le repos hivernal et sont prêts à supporter une reprise de croissance saine au moment du débourrement. 

Pendant les mois d’hiver, les producteurs doivent évaluer l’humidité du sol, examiner les prévisions météorologiques et déterminer si une irrigation hivernale peut être nécessaire. Si le sol est sec, qu’aucune précipitation importante ne s’est produite et qu’aucune n’est prévue, alors l’irrigation est recommandée. Les vignes utilisent beaucoup moins d’eau pendant la saison de dormance que pendant la saison de croissance, et des températures plus basses diminuent l’évaporation du sol, de sorte qu’une seule irrigation sera souvent nécessaire en janvier ou février.

Les experts en irrigation conseillent d’effectuer une « irrigation technique » pour remplir la réserve utile et ainsi gérer les éventuels troubles de croissance et éviter que les fourmis n’endommagent les systèmes d’irrigation souterrains. Pour savoir exactement quand et combien de temps irriguer, une connaissance précise de la texture et de la profondeur du sol et l’évaluation de sa capacité de stockage d’eau sont très utiles. Ces informations peuvent être fournies par des modèles agronomiques et des OAD d’irrigation comme Vintel.

Qu’est-ce que l’enherbement ? Quels en sont les avantages ? Les inconvénients ? Quelles espèces choisir ? Quels éléments prendre en compte pour le gérer ?… L’enherbement est un sujet complexe qui suscite de nombreuses questions, si bien qu’il est parfois difficile de s’y retrouver. Voici 10 choses à savoir sur l’enherbement de la vigne ! 

1. L‘enherbement désigne la culture d’un tapis végétal

L’enherbement consiste à cultiver un tapis végétal au pied d’une culture verticale (vigne, verger, houblonnière…). Ce couvert végétal peut être naturel ou semé, temporaire ou permanent, implanté tous les rangs ou non. Il constitue une alternative au désherbage chimique et au travail du sol.

Cette technique n’est pas nouvelle puisqu’il y a 2000 ans, les Romains la pratiquaient déjà.
En effet, jusqu’aux années 1930, ce mode d’entretien des sols viticoles était considéré comme une bonne pratique viticole, ayant des effets positifs sur le sol du vignoble.

Plus tard, le développement des engrais minéraux, la mécanisation, et une accrue conscience de la concurrence nutritive et hydrique entre « l’herbe » et la vigne ont fait régresser l’enherbement. Depuis les années 70, le désherbage chimique a été adopté par la grande majorité des vignobles en France.

2. L’enherbement concerne 52% de la surface du vignoble national

Le dernier rapport de l’Agreste (Graph’agri 2021) rappelle qu’en 2016, 52% de la surface du vignoble national pratiquait l’enherbement sur l’inter-rang, partiel ou total. Selon les bassins viticoles, cet enherbement pouvait être très hétérogène, de 24% en Bourgogne à 99% en Dordogne.

De plus, les vignobles méditerranéens ne pratiquent que peu l’enherbement. La raison ? Les viticulteurs craignent une concurrence trop importante pour la vigne, notamment en matière de stress hydrique.

3. L’enherbement favorise la vie biologique du sol

L’enherbement représente une source importante de matière organique qui favorise la vie biologique du sol. Il crée un biotope propice à la formation d’humus et au développement de la faune et de la flore.

4. L’enherbement protège les sols de l’érosion et limite le transfert de pesticides

L’enherbement prévient l’érosion des sols en agissant comme une couverture protectrice. Les racines des plantes enherbées maintiennent les particules de sol en place, empêchant ainsi leur érosion par l’eau et le vent. La végétation en surface crée une barrière physique qui atténue l’impact direct des gouttes de pluie, réduisant ainsi le risque de formation de ravines et de pertes de sol. En conséquence, l’enherbement contribue à maintenir l’intégrité des sols du vignoble préservant leur fertilité et leur capacité à soutenir la croissance.

De plus, l’enherbement agit comme une barrière naturelle contre le transfert de pesticides. La végétation capture une partie des pesticides qui pourraient autrement être lessivés par les précipitations ou les arrosages, limitant ainsi leur impact sur les eaux souterraines et les cours d’eau. En favorisant également une biodiversité microbienne dans le sol, les plantes enherbées contribuent à la décomposition naturelle des résidus de pesticides.

5. L’enherbement crée une concurrence

L’enherbement crée une concurrence hydro-azotée entre le couvert végétal et la vigne. Fortement influencée par le climat – notamment par l’ensoleillement et la pluviométrie –, cette concurrence doit être maîtrisée et adaptée aux objectifs visés. Si elle est trop forte, la vigne subira un stress hydrique trop important et ne disposera pas de la quantité d’azote appropriée.

La concurrence engendrée par l’enherbement s’exerce au moment de la croissance végétative de la vigne et lors de la maturation des baies. Ainsi, elle débute à partir du débourrement et s’accentue à la floraison. En période de repos végétatif (en automne et en hiver), il n’y a pas de concurrence entre la surface enherbée et la vigne.

Si la concurrence hydro-azotée est trop importante, elle peut représenter un risque pour la vigne. Aussi, pour maîtriser la concurrence, il est possible d’ajuster la largeur de l’enherbement ou d’irriguer. Attention toutefois : pour être efficaces, ces pratiques doivent être entreprises au bon moment.

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6. L’enherbement est déconseillé pour les jeunes vignes

En raison de cette concurrence hydro-azotée, l’Institut français de la vigne et du vin (IFV) déconseille d’enherber les jeunes vignes de moins de 3 ans. Les plans ne sont en effet pas assez développés pour puiser l’eau et les éléments nutritifs suffisamment profondément.

A l’exception des parcelles particulièrement vigoureuses, l’enherbement ne doit pas être envisagé avant la 4e ou la 5e année. Des bandes enherbées peuvent néanmoins être plantées autour de la parcelle afin de limiter l’érosion.

7. L’enherbement permet de maîtriser la vigueur de la vigne

L’enherbement peut être utilisé pour limiter les problèmes liés à une vigueur excessive de la plante. La concurrence hydro-azotée se traduit en effet par une réduction de la vigueur de la vigne et des rendements. Ainsi, en pilotant son enherbement, le viticulteur gagne en maîtrise, ce qui lui permet d’améliorer la qualité de ses vins.

8. L’enherbement peut contribuer à améliorer la qualité des vins

L’enherbement peut jouer un rôle bénéfique dans l’amélioration de la qualité des moûts en influençant à la fois la vigueur des vignes et la vie microbienne du sol.

La compétition entre le couvert végétal et la vigne peut conduire à une réduction de la vigueur, ce qui se traduit par des moûts moins acides et avec un potentiel alcoolique plus élevé. Pour les raisins rouges, cette amélioration potentielle de la qualité se traduit également par une augmentation de la concentration en composés phénoliques.

De plus, la recherche scientifique a établi des liens entre l’activité microbienne du sol et les processus de fermentation, entraînant ainsi des variations dans le goût, l’arôme et la composition chimique des vins produits. Ainsi, en favorisant le microbiote du sol, l’enherbement pourrait également influencer positivement la qualité des vins.

L’enherbement peut améliorer la qualité des vins

9. L’enherbement a des effets très différents d’une espèce à l’autre

Selon le type d’herbe plantée, l’enherbement aura des effets très différents sur la vigne. Aussi, le choix des espèces doit être minutieux : le viticulteur doit prendre en compte les objectifs de l’enherbement – concurrence, structure du sol, maîtrise de la vigueur, qualité des baies… Le critère le plus important pour définir l’espèce ou les espèces d’herbes à planter est la concurrence souhaitée ou acceptable par parcelle. Les autres éléments permettent ensuite d’affiner le choix de l’espèce.

Aussi, les espèces les moins concurrentielles pour la vigne sont les légumineuses et les graminées. Leur cycle se termine en effet au mois de mai : elles disparaissent donc pendant la saison estivale ce qui évite toute concurrence hydrique lors des plus fortes chaleurs.

A ne pas négliger : l’enherbement spontané. Il s’agit en effet souvent de l’option la plus simple (et la moins coûteuse). Les espèces présentes sur les parcelles sont, par nature, adaptées au climat et à la structure du sol. Par ailleurs, il est plus facile de détruire une bande d’enherbement spontané, ce qui représente un avantage non négligeable dans la gestion de la concurrence.

10. L’enherbement peut être piloté grâce à des outils

Certains viticulteurs se privent des bénéfices de l’enherbement pour éviter toute concurrence hydrique, alors même que cette concurrence pourrait être soutenable pour la vigne. En outre, il est aujourd’hui possible de piloter l’enherbement grâce à la connaissance du statut hydrique des parcelles.

Soucieux de faciliter le pilotage du statut hydro-azoté des végétaux, ITK a développé une solution digitale intelligente : Vintel. L’OAD Vintel® permet de piloter en temps réel l’irrigation et la fertilisation azotée selon les besoins en eau et en azote de la vigne. La solution fournit aux viticulteurs une connaissance précise du statut hydrique et azoté des parcelles, pour une meilleure gestion du vignoble… et de l’enherbement, le cas échéant !

De plus, pour les régions irrigables, Vintel fournit des recommandations d’irrigation adaptées à chaque parcelle et profil de vin, à partir de modèles agro-environnementaux et d’intelligence artificielle. A la clé : optimisation du rendement, suivi du profil organoleptique, amélioration de la sélection parcellaire, économies d’eau…

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