Comprendre les vagues de chaleur

Avec le changement climatique, les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes et intenses. Il est essentiel pour les viticulteurs de saisir l’ampleur de ces phénomènes afin d’adapter leurs pratiques et de protéger leurs vignobles.     

Les vagues de chaleurs sont des périodes de températures maximales supérieures à 35-40°C qui persistent plusieurs jours. Cependant, ce n’est pas seulement la température qui définit une vague de chaleur ; le déficit de pression de vapeur (DPV) joue également un rôle crucial. Le DPV mesure la différence entre la quantité de vapeur d’eau dans l’air et la quantité maximale que l’air peut contenir à une certaine température. Un DPV élevé signifie que l’air est très sec, ce qui augmente l’évaporation de l’eau des feuilles des vignes. Cela entraîne un stress hydrique plus intense, car les vignes perdent de l’eau plus rapidement qu’elles ne peuvent l’absorber.

Ces conditions de chaleur et de faible humidité peuvent causer un stress thermique et hydrique, affectant la croissance des vignes et la qualité des raisins.

Identifier les risques pour les vignobles

Les fortes chaleurs n’affectent pas tous les vignobles de la même manière. Divers facteurs, tels que la localisation géographique, le type de sol et l’âge des vignes, influencent la vulnérabilité des vignobles face à ces conditions extrêmes.

Les vignobles situés dans des zones méditerranéennes ou arides sont des régions où les risques sont plus importants.
Les sols pauvres en matière organique, comme les sols légers et sableux favorisent la fragilité de la plante. Les vignes jeunes ou mal enracinées sont également plus sensibles.

Quel est l’impact des fortes chaleurs sur la vigne ?

Les températures élevées peuvent avoir des effets variés et souvent négatifs sur les vignes. Il est crucial de comprendre ces impacts pour mettre en place des stratégies de gestion efficaces.

Les fortes chaleurs contribuent à la fermeture des stomates, en réduisant la photosynthèse et le métabolisme de la plante. Un autre impact concerne l’accélération de la maturation pouvant entraîner une surmaturation des raisins. De plus, les températures élevées peuvent entraîner des modifications indésirables dans la composition chimique des raisins, en altérant l’équilibre sucre/acide et le goût du vin. Ces effets sont notamment dû à la dégradation des acides organiques (acide malique notamment) et à une augmentation des sucres, ce qui se traduit par un manque de « fraîcheur » et un taux d’alcool plus élevé in fine dans les vins.

En effet les fortes chaleurs provoquent l’accélération des processus de respiration et de gluconéogenèse, qui consomment l’acide malique accumulé pendant la maturation des fruits.  Les fortes chaleurs peuvent également affecter les précurseurs d’arômes présents dans les raisins. Les arômes des vins proviennent de divers composés volatils qui sont influencés par les conditions de croissance des raisins. Une température élevée peut altérer la concentration et le profil de ces composés aromatiques, affectant ainsi le bouquet et la complexité du vin final.  La chaleur peut également diminuer la concentration d’anthocyanines, réduisant ainsi l’intensité de la couleur du vin rouge.

Les dommages causés par les fortes chaleurs

Outre le stress thermique direct, les fortes chaleurs peuvent favoriser certains dommages dans les vignobles. Une gestion proactive est nécessaire pour minimiser ces risques.

Les baies de raisin et les feuilles exposées directement au soleil peuvent subir des dégâts importants un phénomène appelé « échaudage ». Les fortes températures peuvent provoquer des brûlures solaires, et le dessèchement des baies et des feuilles. Ces dommages peuvent non seulement réduire le rendement et la qualité des fruits mais aussi augmenter leur susceptibilité aux infections et aux maladies.  

Le stress hydrique est un autre facteur crucial lié aux fortes chaleurs. Lorsqu’elles sont exposées à des températures élevées, les vignes requièrent plus d’eau pour maintenir leurs fonctions physiologiques. En l’absence d’irrigation adéquate ou de réserve en eau dans le sol suffisante, cela peut entraîner un stress hydrique excessif. Le manque d’eau peut réduire la photosynthèse, ralentir la croissance et diminuer la production de sucre dans les baies.

Le stress thermique peut également perturber l’absorption des nutriments par les vignes. Par exemple, l’absorption de l’azote, un élément essentiel pour la croissance et le développement des plantes, peut être significativement réduite en raison du stress thermique, surtout lorsque le sol est sec. Cette déficience nutritionnelle peut affaiblir les vignes, les rendant plus vulnérables aux maladies et diminuant leur capacité à produire des raisins de haute qualité.

Quelles stratégies pour protéger les vignobles des pics de chaleur ?

Plusieurs méthodes efficaces existent pour protéger les vignobles des effets des fortes chaleurs. Adapter ses pratiques peut aider à maintenir la santé des vignes et la qualité de la production.

Vintel® : un OAD efficace contre les vagues de chaleur

Les outils technologiques modernes peuvent grandement faciliter la gestion des vignobles en période de fortes chaleurs. Par exemple, un OAD (Outil d’Aide à la Décision) de pilotage du vignoble comme Vintel® offre des alertes en cas de vague de chaleur et prodigue des conseils d’irrigation adaptés à ces évènements météorologiques.

 Les viticulteurs peuvent ainsi mieux protéger leurs vignobles des effets néfastes des fortes chaleurs et maintenir la qualité de leur production.

Pour plus d’informations, contactez-nous : Vintel® » Contact | Vintel® (vintel-itk.com)

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Le mildiou connaît une année exceptionnelle en 2024. La vigne a été frappée par des contaminations précoces dès la fin mars, en raison d’une phénologie précoce et d’un climat doux et humide. Cette précocité d’infestation est un phénomène inédit en France. Les conditions météorologiques des mois d’avril et de mai, marquées par de fortes précipitations, ont exacerbé la situation, rendant la gestion de la maladie particulièrement difficile. Alors que certaines régions commencent à bénéficier d’une météo plus clémente, permettant une meilleure maîtrise de cette maladie, l’importance de la vigilance et de l’application efficace des traitements reste cruciale pour limiter les dégâts.

Le Mildiou, un impact significatif sur la plante et les rendements

Le mildiou, causé par le pathogène Plasmopara viticola, s’attaque à diverses parties de la vigne ; les feuilles, les grappes et les baies. Cette maladie a plusieurs effets négatifs :

Elle réduit la surface foliaire utile à la photosynthèse, les feuilles touchées présentant des tâches jaunes huileuses sur leur face supérieure et des moisissures blanches sur leur face inférieure.Elle détériore les baies, qui deviennent brunes et écrasées, affectant la qualité et le rendement de la récolte.

Elle affaiblit les sarments, entraînant la formation de rameaux de petite taille et un mauvais aoûtement des bois, rendant la taille hivernale plus difficile. Ces effets combinés diminuent les réserves de la vigne, compromettent le remplissage des raisins et rendent les plants plus vulnérables.

Quelles sont les conditions propices aux risques ?

Le développement du mildiou est favorisé par des conditions climatiques spécifiques :

Les températures idéales pour la propagation de la maladie se situent entre 20 et 25°C avec un taux d’humidité de 85 % ou plus.
Les pluies prolongées, les rosées abondantes et les brouillards matinaux exacerbent le risque de contamination.
Les périodes de forte croissance de la vigne, lorsque les nouvelles pousses sont les plus vulnérables, sont particulièrement critiques. De plus, certains cépages, comme le Cabernet Franc, le Cabernet Sauvignon, le Chardonnay et le Merlot, sont particulièrement sensibles au mildiou.

Des méthodes adaptées de traitement et de prévention

L’utilisation de fongicides à base de cuivre et de produits systémiques spécifiques est courante pour combattre le mildiou. Il est essentiel d’alterner les types de fongicides afin de prévenir le développement de résistances chez le pathogène. De plus, combiner des substances ayant des modes d’action différents et créer une hétérogénéité spatiale en appliquant ces différents modes d’action sur diverses parcelles permet de protéger les plantes tout en limitant l’apparition de résistances.

Différentes techniques culturales peuvent prévenir le mildiou, notamment la taille qui améliore la circulation de l’air autour des plants, l’élimination des débris infectés pour réduire les sources de contamination, et un drainage efficace pour éviter la formation de flaques d’eau. La taille en vert permet d’éliminer les pousses inutiles et de favoriser une meilleure ventilation, tandis que le maintien d’un couvert végétal protège le sol et réduit les éclaboussures d’eau ou terre contaminée. Le palissage et l’effeuillage améliorent également l’aération des baies. Enfin, maîtriser la vigueur des plantes en limitant la fertilisation évite une croissance excessive propice au mildiou.

Protéger efficacement les vignes

Pour améliorer l’efficacité de la protection contre le mildiou, il est essentiel de suivre des prévisions météorologiques fiables pour planifier les traitements, d’assurer un bon drainage pour éviter la stagnation d’eau autour des plantes, et de maintenir une couverture phytosanitaire sans intervalles trop longs entre les traitements, particulièrement lors des années de forte pression. Il est également important de vérifier régulièrement la fonctionnalité et l’efficacité des pulvérisateurs, et d’utiliser des systèmes d’aide aux décisions comme Vintel pour recevoir des alertes sur les pressions du mildiou et d’autres maladies.

Une gestion proactive et bien informée est essentielle pour lutter efficacement contre le mildiou. En combinant différentes stratégies, les viticulteurs peuvent protéger leurs vignes et assurer la qualité de leur récolte malgré les défis posés par les conditions climatiques de 2024.